Woodcuts
Woodcut printing is one of Yann Hervis’s signature techniques, allowing him to play with light and shadow, depth and relief, and positive and negative space. He works with composite wood—specifically MDF—a modern, eco-friendly alternative to tropical hardwoods that offers a wide range of chromatic nuances. For relief printing, he uses sandblasting instead of traditional gouges, chisels, and burins; this process demands great precision to achieve fine, intricate cuts. When coloring the carved matrix, he applies natural pigments in light, subtly shaded touches. The artist employs this unique technique—mastering every aspect of it—to create portraits that teem with life and landscapes of profound poetry. Drawing inspiration alternately from the city and the forest (trees are a favorite theme), he created the *Canopées* (Canopies) series, which takes us on a journey from Orléans to New York, and from the Sologne region to the Forest of Orléans, blurring the lines between reality and imagination. Trees, Loire landscapes, and the changing seasons—along with still lifes—come together to form true pictorial compositions. These are created by combining woodcut techniques with his "Palimpsest" method (involving glued, compressed, and sand-scarified wood), resulting in the *Compressions gravées* (Engraved Compressions) series.
Bois gravés
La gravure sur bois est l’une des techniques fétiches de Yann Hervis, pour jouer sur l’ombre et la lumière, le creux et le relief, le positif et le négatif. C’est un bois composite ou « médium » qu’il travaille, substitut moderne et écologique aux bois tropicaux, qui offre une large palette de nuances chromatiques. Pour la xylogravure en taille d’épargne, il utilise le jet de sable qui remplace les traditionnels gouges, ciseaux et burins, et nécessite une grande précision du geste pour une découpe très fine. Pour la mise en couleur de la matrice gravée, les pigments naturels sont posés en touches légères, très nuancées.
L’artiste met en œuvre cette technique singulière, dont il maîtrise tous les aspects, pour créer des portraits saisissants de vie et des paysages d’une profonde poésie : inspiré tour à tour par la ville et par la forêt (l’arbre est l’un de ses thèmes de prédilection), il a réalisé la série des Canopées, qui nous font vagabonder d’Orléans à New-York, de la Sologne à la forêt d’Orléans, entre réel et imaginaire.
Des arbres encore, des paysages de Loire, le passage des saisons, mais aussi des natures mortes, composent de véritables tableaux, réalisés en combinant les techniques des bois gravés (xylogravure) et celles des Palimpsestes (bois collés, compressés et scarifiés au sable) : c’est la série des Compressions gravées.
Prendre de la hauteur
Canopées forestières et canopées de pierre
Le poète sait bien que le visage de l’arbre est souvent tourné vers le haut, vers la lumière, et que sa beauté se délivre à contre-ciel, comme en filigrane. Et c’est en poète assurément que l’artiste a laissé son regard se perdre dans la houle des frondaisons, la haute foule des troncs, les entrelacs de branches, pour en saisir l’empreinte et l’essence, par-delà l’espace et le temps.
Dans une même perspective aérienne, avec la même vaste curiosité d’observateur, juxtaposant le proche et le lointain, il a scruté la ville à vol d’oiseau, avec la forêt de ses toits, l’histoire considérable accumulée sous l’écorce de ses pierres, comme une grande écriture chiffrée dont il suggère, avec une acuité étonnante, les secrètes richesses et les harmonies inattendues. Homme des bois, homme des cités, il promène pareillement sa passion de voir, son plaisir de voir : arbres des halliers et villes de haute futaie, d’ici et d’ailleurs, tout à la fois bien réels et mystérieux, finis et infinis, nourrissent pareillement son imaginaire, se répondant en longs échos.
Pour donner forme à la poésie si prenante de ces paysages, avec leurs architectures compliquées de branches ou de toits appuyés sur la toile de fond du ciel, l’artiste requiert le bois, son matériau fétiche, et la gravure au trait aigu, incisif, patient, au juste point de rencontre de la sensibilité et de la technique, parfaite métaphore de la création artistique. C’est un bois composite ou « médium » qu’il travaille, substitut moderne et écologique aux bois tropicaux, qui offre une large palette de nuances chromatiques. Pour la xylogravure en taille d’épargne, le jet de sable remplace les traditionnels gouges, ciseaux et burins : il faut, pour le diriger, une fine et précise virtuosité, découper d’une main sûre les dentelures des feuillages et l’enchevêtrement des ramures, l’alignement des troncs et le patchwork ajouré des façades… La délicatesse du geste combinée à l’intensité du sable font de ce type de gravure une écriture singulière, à la fois caresse et morsure, jouant sur l’ombre et la lumière, le creux et le relief, le positif et le négatif.
Puis, le dessin et la gravure terminés, vient le temps de la couleur : l’artiste pose, sur les parties en relief, les pigments en touches légères, en inflexions douces, des blancs crayeux, des bleutés, des roux, des ocres clairs, des nuances de vieil or. La matrice est ainsi devenue une œuvre à part entière. Et les Canopées se métamorphosent en paysages intérieurs, oniriques et sensibles : balcons en forêt, balcons sur la ville, jardins suspendus, à chacun d’y vagabonder et d’y loger ses songes.
Texte libre de droit d'Anne-Marie Royer-Pantin
Woodcut printing is one of Yann Hervis’s signature techniques, allowing him to play with light and shadow, depth and relief, and positive and negative space. He works with composite wood—specifically MDF—a modern, eco-friendly alternative to tropical hardwoods that offers a wide range of chromatic nuances. For relief printing, he uses sandblasting instead of traditional gouges, chisels, and burins; this process demands great precision to achieve fine, intricate cuts. When coloring the carved matrix, he applies natural pigments in light, subtly shaded touches. The artist employs this unique technique—mastering every aspect of it—to create portraits that teem with life and landscapes of profound poetry. Drawing inspiration alternately from the city and the forest (trees are a favorite theme), he created the *Canopées* (Canopies) series, which takes us on a journey from Orléans to New York, and from the Sologne region to the Forest of Orléans, blurring the lines between reality and imagination. Trees, Loire landscapes, and the changing seasons—along with still lifes—come together to form true pictorial compositions. These are created by combining woodcut techniques with his "Palimpsest" method (involving glued, compressed, and sand-scarified wood), resulting in the *Compressions gravées* (Engraved Compressions) series.
Bois gravés
La gravure sur bois est l’une des techniques fétiches de Yann Hervis, pour jouer sur l’ombre et la lumière, le creux et le relief, le positif et le négatif. C’est un bois composite ou « médium » qu’il travaille, substitut moderne et écologique aux bois tropicaux, qui offre une large palette de nuances chromatiques. Pour la xylogravure en taille d’épargne, il utilise le jet de sable qui remplace les traditionnels gouges, ciseaux et burins, et nécessite une grande précision du geste pour une découpe très fine. Pour la mise en couleur de la matrice gravée, les pigments naturels sont posés en touches légères, très nuancées.
L’artiste met en œuvre cette technique singulière, dont il maîtrise tous les aspects, pour créer des portraits saisissants de vie et des paysages d’une profonde poésie : inspiré tour à tour par la ville et par la forêt (l’arbre est l’un de ses thèmes de prédilection), il a réalisé la série des Canopées, qui nous font vagabonder d’Orléans à New-York, de la Sologne à la forêt d’Orléans, entre réel et imaginaire.
Des arbres encore, des paysages de Loire, le passage des saisons, mais aussi des natures mortes, composent de véritables tableaux, réalisés en combinant les techniques des bois gravés (xylogravure) et celles des Palimpsestes (bois collés, compressés et scarifiés au sable) : c’est la série des Compressions gravées.
Prendre de la hauteur
Canopées forestières et canopées de pierre
Le poète sait bien que le visage de l’arbre est souvent tourné vers le haut, vers la lumière, et que sa beauté se délivre à contre-ciel, comme en filigrane. Et c’est en poète assurément que l’artiste a laissé son regard se perdre dans la houle des frondaisons, la haute foule des troncs, les entrelacs de branches, pour en saisir l’empreinte et l’essence, par-delà l’espace et le temps.
Dans une même perspective aérienne, avec la même vaste curiosité d’observateur, juxtaposant le proche et le lointain, il a scruté la ville à vol d’oiseau, avec la forêt de ses toits, l’histoire considérable accumulée sous l’écorce de ses pierres, comme une grande écriture chiffrée dont il suggère, avec une acuité étonnante, les secrètes richesses et les harmonies inattendues. Homme des bois, homme des cités, il promène pareillement sa passion de voir, son plaisir de voir : arbres des halliers et villes de haute futaie, d’ici et d’ailleurs, tout à la fois bien réels et mystérieux, finis et infinis, nourrissent pareillement son imaginaire, se répondant en longs échos.
Pour donner forme à la poésie si prenante de ces paysages, avec leurs architectures compliquées de branches ou de toits appuyés sur la toile de fond du ciel, l’artiste requiert le bois, son matériau fétiche, et la gravure au trait aigu, incisif, patient, au juste point de rencontre de la sensibilité et de la technique, parfaite métaphore de la création artistique. C’est un bois composite ou « médium » qu’il travaille, substitut moderne et écologique aux bois tropicaux, qui offre une large palette de nuances chromatiques. Pour la xylogravure en taille d’épargne, le jet de sable remplace les traditionnels gouges, ciseaux et burins : il faut, pour le diriger, une fine et précise virtuosité, découper d’une main sûre les dentelures des feuillages et l’enchevêtrement des ramures, l’alignement des troncs et le patchwork ajouré des façades… La délicatesse du geste combinée à l’intensité du sable font de ce type de gravure une écriture singulière, à la fois caresse et morsure, jouant sur l’ombre et la lumière, le creux et le relief, le positif et le négatif.
Puis, le dessin et la gravure terminés, vient le temps de la couleur : l’artiste pose, sur les parties en relief, les pigments en touches légères, en inflexions douces, des blancs crayeux, des bleutés, des roux, des ocres clairs, des nuances de vieil or. La matrice est ainsi devenue une œuvre à part entière. Et les Canopées se métamorphosent en paysages intérieurs, oniriques et sensibles : balcons en forêt, balcons sur la ville, jardins suspendus, à chacun d’y vagabonder et d’y loger ses songes.
Texte libre de droit d'Anne-Marie Royer-Pantin